Camping dans l’arrière-pays

Camping dans l’arrière-pays

Vous songez à sortir de votre zone de confort depuis un bon moment déjà? Vous vous demandez si le camping en arrière-pays est pour vous? Laissez-moi vous raconter mon expérience dans le parc national de la Mauricie 
 
Le camping en arrière-pays requiert une très bonne préparation puisque vous y êtes laissés à vous-même, sans service et loin de la civilisation. Dans le parc national de la Mauricie existe un endroit accessible seulement par le lac. Il s’agit d’une expédition de canot-camping au lac Wapizagonke. Aucune route ne s’y rend… L’idée vous emballe déjà? Pour s’y rendre, il faut pagayer durant quelques heures pour transporter ses bagages. La durée varie en fonction de la météo et de la houle présente sur le lac. Arrivé à destination, le tout semble super à première vue : une belle petite plage de sable, de magnifiques paysages et une forêt super dense. En quelques secondes seulement, vous vous retrouvez envahi d’un nuage de moustiques, de mouches et de brulots! Le filet est donc de mise, en tout temps. Même pas moyen de le retirer pour manger… Et je peux vous garantir que les insectes trouveront même le moyen de se faufiler à travers le filet. Étant déjà mise au courant, j’avais prévu le coup avant mon départ. Il est primordial de prendre une douche avec un shampoing et un savon à base de citronnelle. La compagnie La Savonnerie des Diligences propose justement un savon deux-en-un qui sert de shampoing et de savon à la fois. Oubliez le parfum et les déodorants parfumés à moins que vous ne souhaitiez vivre un cauchemar…  

Camping dans l’arrière-pays

Bienvenue au pays
de l’ours noir!

Eh oui, prenez en considération que vous êtes désormais l’intrus dans leur environnement. De ce fait, tout ce que vous mangez ou emportez avec vous est une menace pour vous. Il est super important de ne jamais laisser traîner de nourriture ou d’objets qui aient été en contact avec de la nourriture. Il faudra même cacher le dentifrice et tout ce qui a une odeur attirante pour eux. Pour ce faire, vous devrez suspendre votre nourriture et tout le reste dans un sac accroché à une branche d’arbre très haute à l’aide d’une corde. De plus, il est habituellement préférable de ne pas se promener seul, de porter une cloche à ours et d’avoir quelques armes dans le cas d’une attaque, dont du « Bear Spray ». Se renseigner sur les façons d’agir dans le cas d’une attaque est également un atout. 
 

Dans l’arrière-pays

vous voudrez éviter d’être encombré et chargé. Je vous suggère donc de prévoir l’achat d’enveloppes de nourriture lyophilisée dans le genre Happy Yak, qui est d’ailleurs une compagnie québécoise. Elles sont légères, peu encombrantes, n’ont pas besoin d’être au froid et requièrent seulement une quinzaine de minutes de préparation. En fait, il suffit de faire bouillir de l’eau (environ deux tasses), de verser l’eau bouillante dans l’enveloppe, de brasser le tout et d’attendre entre 12 et 15 minutes, puis voilà. Vous pouvez même manger directement dans l’enveloppe, ce qui vous évite de devoir apporter des plats. Vous aurez compris l’importance du matériel compact! Les mini brûleurs de la compagnie MSR répondent justement parfaitement à ce besoin. La compagnie Sea To Summit offre des casseroles ultra légères qui seront parfaites pour faire bouillir l’eau et préparer vos repas. Vous aurez également besoin d’un filtreur d’eau puisqu’il n’y a aucun accès à de l’eau potable. Une tente compacte et légère est également de mise, vous l’aurez deviné. La compagnie MSR offre plusieurs tentes qui répondent parfaitement à ce besoin, dont le modèle HUBBA HUBBA NX V8. 

La météo

N’est malheureusement pas toujours de notre côté et ce fut mon cas. Durant mon séjour de quatre jours, la pluie était au rendez-vous tous les jours, d’où l’importance d’avoir un bon imperméable. Les manteaux en Gore-Tex de type coquille d’Arcteryx sont parfaits dans ce genre de condition. J’avais prévu du canot à l’horaire pour mes deux premières journées. Le parc compte plus de 150 lacs aux dimensions variées. Le jour, le cri envoûtant du plongeon huard vous fera peut-être frissonner. À quelques pas, les cascades vous tenteront pour une baignade. Même sous la pluie, le parc saura rayonner sous vos yeux. Le soir venu, ce sont les hululements de la chouette rayée ou du grand-duc qui vous accompagneront jusque dans vos rêves. Pagayant sous la pluie, mes yeux ne pouvaient cesser de s’émerveiller au-delà des forêts de conifères et de feuillus et des montagnes recouvertes de brume.

Beau temps ou mauvais temps.

Comme quoi il faut savoir apprécier toutes les facettes d’un endroit, beau temps ou mauvais temps.

J’ai dû retirer l’eau qui s’accumulait au fond de mon canot à plusieurs reprises à l’aide d’un petit chaudron et faire quelques mètres de portage à certains endroits, d’où l’importance de posséder de bons souliers d’eau. Le jour suivant, direction les chutes Waber, dans le secteur Saint-Mathieu, pour une randonnée de niveau intermédiaire de 6 à 8 heures, soit 9,2 km en canot, puis 7,9 km en randonnée. Après plusieurs kilomètres parcourus en forêt, une rencontre inattendue me secoua. Un ours noir apparu à ma gauche du sentier. Il semblait retourner des troncs d’arbres à la recherche d’insectes. La scène me figea sur place. Même si l’on croit être préparé à une telle rencontre, ou que nous redoutons un tel moment, nous oublions souvent quoi faire le moment venu. J’ai tenté de continuer mon chemin sans attirer son attention puisqu’il ne semblait pas m’avoir aperçue, puis de m’éloigner silencieusement, ce qui sembla avoir fonctionné. Le stress m’avait envahie pour le reste du sentier, où je craignais toujours en croiser à nouveau. Arrivée aux chutes, une phrase nous vient en tête : quel paradis! La vue sur ces magnifiques chutes se mérite, mais elle en vaut tellement la peine.


coucher de soleil en estrie

La nuit venue

Attendez-vous à plusieurs péripéties… Vous risquez fort probablement d’angoisser avec tous les sons que vous entendrez et les animaux qui s’approcheront curieusement de votre tente. Des ratons laveurs se bagarraient à côté de ma tente; j’avais même l’impression qu’ils étaient entrés dans ma tente tellement ils semblaient être près. Je pouvais entendre toutes sortes de cris et je me demandais toujours quel animal ça pouvait être. J’arrivais même à voir leurs ombres à travers ma tente… Comme quoi donner une petite dose d’adrénaline. À mon réveil le matin, des morceaux de troncs d’arbre avaient été arrachés violemment. Je me demande encore aujourd’hui quel mystérieux animal avait tenté d’atteindre ma nourriture avec autant de force. Malgré la pluie, le peu d’heures de sommeil et les moments où l’adrénaline était au rendez-vous, j’attends encore impatiemment le moment où je repartirai à la rencontre de la vie sauvage dans l’arrière-pays et j’espère que vous oserez vivre cette expérience également.

Partez à la rencontre de la vraie nature, au royaume des lacs, des forêts et des animaux sauvages. Soyez curieux et aventurier de nature! Découvrez un monde inconnu, hors de votre zone de confort, là où vous vivrez des moments inoubliables.